Le Sénégal

Dakar : semaine de la Tabaski

Du samedi 6 au dimanche 14 janvier

Le week-end

Ce week-end, je me repose. J’ai emprunté « Dominique Nègre esclave » de Léonard Sainville à la bibliothèque. Je le dévore, je retrouve les plaisirs de mes lectures d’enfance. Les histoires qui coulent toutes seules avec un personnage central. Il est finit le dimanche après-midi. Je passe une très mauvaise soirée, seul dans ma chambre, sans rien à lire, sans envie particulier. Le mieux est d’aller au lit. Demain, je fonce à la bibliothèque.

Lundi

Réveil. Direction la bibliothèque. Elle est ouverte. Elle ferme à 12h jusqu’à jeudi, pour cause de Tabaski. Je prend deux livres, pour ne pas me retrouver sans lecture : « Le jeune homme de sable » et « Wirriyamu » de William Sassine.

L’après-midi est calme au pied de l’arbre. Je joue avec le sable, je sympathise avec un maçon qui m’explique en miniature la technique de construction traditionnelle des maison en sable. Nous réalisons une petite case avec des murailles, un jardin, des décorations dans la continuité des racines de l’arbre… La journée est passé vite, il est temps de rentré.

Mardi : la Tabaski

Je commence « Le jeune homme de sable », on frappe à ma porte. C’est les voisins qui m’invitent à manger du mouton. La Tabaski vient de commencer ! Nous mangeons des brochettes. Un jeune homme m’invite dans sa famille. Nous mangeons des grillades. Je dois les quitter, j’ai rendez-vous avec Shérif. Nous allons dans sa famille, nous mangeons du moutons boullie. Nous allons voir des amis, nous mangeons du ragout de moutons. Je m’écroule sur mon canapé après un retour comateux en bus. Je prie pour que les voisins ne viennent pas me proposer de manger. Il est 23h, je sompre.

Mercredi : lendemain de Tabaski

Réveil avec une petite intoxication alimentaire, je reste couché toute la journée avec mon livre. L’histoire est un peu plus haché, je ne comprend pas tout. Sans doute la fatigue.

Jeudi : un peu de sculpture

Je ramasse des ressorts sur un trottoir, de la taule dans une poubelle et un bout de bois. J’ai décidé de reprendre un peu la sculpture. Depuis Madrid, j’avais un peu laché. Je m’installe dans l’espace du « Collectif M’baart » au CCBS. Toujours la même technique de travail : Prendre contact avec la matière, comprendre son mouvement, tester ses résistances… Jouer instactivement, la tordre, la tirer, la déchirer… Assembler les matériaux qui font éco, le dur et le mou, le lisse, le rugueux, le bois et l’acier… Faire un premier constat sur la logique de la forme, le dynamisme des lignes, la circulation du mouvement. A partir de là commence le travail…
Je réalise deux sculptures. Je les offrirai à mes deux frères pour noël.

Jeudi soir

Je vais voir « Palabre » de la Compagnie 1er Temps à l’Institut Français. C’est la premère pièce de danse contemporaine que je vois en Afrique. Je m’attend à un peu d’exotisme, à un peu de danse traditionnelle avec un recherche chorégraphique contemporaine. Mon petit racisme post-coloniale est déçu, aucune référence direct à la tradition africaine. L’esthétique me ramène aux années 80, les pantallons jaunes et les tee-shirts rouge de Bagouet ; la décomposition des mouvements et le ralenti sont utilisés abondament ; le propo est flou, sans grande recherche ; quelques séquences sont malgré tout bien construites, notament cette homme dansant avec sa mallette. J’en ressort avec une interrogation sur le regard des français sur l’art chorégraphique africain.

Vendredi

Je finis « Wirriyamu », histoire d’une petit village d’une colonie portugaise dans les années 1980. Misère de l’homme. Bétisse des colons. Humanité de l’innocence. Je retourne à la bibliothèque rendre mes livres et emprunter « La rue casse nègre » de Joseph Zobel, J’ai envie de retrouver l’écriture antillaise. J’en profite pour lire « Carnet d’un retour au pays natal » d’Aimé Césaire. L’interprétation de Jacques Martial à l’institut français résonne dans ma tête.

Le week-end

Je décide de sortir un peu de Hann Vllage. Petite tendance à faire mon ours avec mon livre. Je vais faire une expo. Direction le centre, place de Soweto, l’Institut Français de l’Afrique Noire (IFAN). Je découvre différentes ethnies : les Sénoufo, les Bambara, les Yoruba, les Fon, ect… les différents masques, les différentes croyances, les espaces géographiques de peuplement, les systèmes d’organisations sociales, les… Il y a beaucoup d’information, mon dos me fait mal, je retiens peu de choses… Le gardien me dit de sortir.

Je reviens le lendemain, me concentrant plus sur l’esthétique, sur le travail des sculptures, les lignes, les formes… La forme humaine est la référence, mais les critères de proportions et de réalismes occidentaux n’ont pas de place ici. L’art africain neccéssite une ouverture d’esprit pour le français que je suis.