Grenade et le Flamenco

Granada : début difficile

Du mardi 9 au jeudi 11 septembre

Une brouette rouillée dans un buisson

La recherche d’un squat…

Octavio m’a donné un plan : La Casa Okupa, camino de Ronda. En route ! Je ne suis pas le bien venu : « Le squat est plein, tu comprend…ça va pas être possible…va voir à la Casa Delaire…calle Zenete proche de la calle Elvira ». C’est partit ! Devant la porte, je rencontre deux espagnols. Ils m’expliquent que le squat est fermé…que c’est un combat politique contre les spéculations immobilières dans Albaycin…que c’est pas possible. Je les trouvent plus honnêtes. Ils m’indiquent un bar « Le Jergon » sur la Plaza Realejo où je peux trouver de l’aide. Allons-y ! Le bar est petit, je m’installe au comptoir. Je rencontre Lucas. Il me dit d’aller dans les cuevas (grottes) de San Miguel. Le temps de boire un caña et des tapas. Je quitte le bar.

Tentons dans la nature…

Je monte vers l’Alhambra. Ballade de découverte. Je retrouve un peu de nature, je m’y engouffre. Je me faufile entre les branches, mon pantalon se couvre de boule blanches, je m’installe sur un arbre. L’idée de fabriquer une cabane me traverse. C’est partit. Une heure plus tard, le constat d’échec est flagrant. Je reprend les sentiers battus.

Direction les cuevas…

En gros, les habitations troglodytes sont occupées par des drogués, des hippies ou des gitans. Je demande. On me dit d’aller voir Johnny, c’est lui qui gère les grottes. Je comprend peu à peu que je suis dans la partie gitane. Passage de cuevas en cuevas, je rencontre Sabrine qui se déclare prof de flamenco. J’ai l’impression que la chance est avec moi. J’arrive enfin à trouver Johnny. Cheveux long, gros nez, massif et jovial. J’explique ma situation, il me montre une cueva, me donne une clé, garde le double. C’est parfait, je vais dormir tranquille cette nuit. Il m’invite chez lui. Quand je rentre dans le petit salon sans fenêtre, les enfants regardent un film d’horreur avec une poupée qui trucident tout le monde. Quand je pense qu’a 10 ans je ne pouvais pas regarder « E.T. »… Les spectateurs quittent la salle. Je me retrouve avec Johnny et son voisin… musique flamenco, jeux de cartes et cigarettes… Début de soirée, le salon refait salle comble.

Des scène du film « La vie n’est pas un long fleuve tranquille » me reviennent à l’esprit. Ça gueule, les enfants pleurent, les gifflent fussent. La techno a  remplacé le flamenco. Je reste spectateur malgré moi d’un mode de vie qui n’est pas le mien. Je ne parle pas, j’évite les jugements. La soirée s’écoule. Une cigarette pour prendre l’air. Panorama magnifique, je domine Granada qui brille dans le nuit. Je vais me couché… Je n’avais pas realisé que ma grotte puait autant… Je décide de la nettoyer le lendemain. J’ai l’impression que mon matelas et mon oreiller sont infestés de puce… Je me couvre le corps comme je peux. Mon sommeil est sacadé, mes rêves angoisés. L’envie d’être autre part grandi peu à peu. Je me réveil à 6h du matin, je ne peux plus dormir. La décision est prise. Je laisse la clé avec un mot de remerciment. Je pars ! Il pleut, je suis fatigué, il fait noire, je me perd. J’arrive dans le centre trempé, marchant pied nu pour ne pas glisser, je suis désespéré.

Façade en ruines

Mon squat…

J’avais répéré une maison abandonné dans la journée. Je rentre, il y a un sommier…c’est déja ça. Je m’endors avec une impression de fraicheur et de liberté. Au réveil, les rayons du soleil réchauffe ma nuit agitée. Découverte de la maison… je trouve un fauteuil en haussier, une table et un ballet. Après un heure de ménage ça ressemble presque à une chambre d’hotel…sans eau, ni electricité.

Je sors, je pues, je suis fatigué.

J’erre dans Granada. Les points d’appui deviennent d’un grand secours. Direction Plaza des Torros… Les tappas au « Nosotros bar » que des ouvriers m’offrent par pur sympathie… L’appartement d’Octovio… la douche tant attendu. Mes pieds sont couvert des piqures. Je ne rêvais pas la cueva était infestée de puces. Je mets mes habits en quarantaine. Je resors nouvel homme. Direction le centre. Soirée tranquille, écriture au « Jergon » sur les impressions de Madrid. Je marche, un carré vert m’interpèlle, je m’assoie, des belges en voisins, le match est sympathique. Je rentre dans mon taudi avec des cartons en guise de lit. Mais ce soir j’ai un duvet. La nuit se passe bien. Ma peur s’évanoui, je retourne chez Octavio, prendre mes affaires et vraiment m’installer.